"Israël donne d'une main et frappe de l'autre"
Ce vendredi,le monde entier a été témoin de la libération par Israël des 256 prisonniers palestiniens. Le coup médiatique qui a suivi cette action a été comme d'habitude une réussite et le monde entier soulage sa conscience pensant que tout est bien qui va finir bien .
Au même moment où le monde découvrait les images des prisonniers retrouvant leur liberté bien mér
itée, au camp de l'Ein, à l'ouest de Naplouse, on se réveil sous couvre feu militaire. Pour tout avouer, on n'a pas beaucoup dormi au camp de l'Ein, car les soldats sont arrivés à 3h du matin, lançant sans relâche dans les rues, diverses bombes en tous genres.
itée, au camp de l'Ein, à l'ouest de Naplouse, on se réveil sous couvre feu militaire. Pour tout avouer, on n'a pas beaucoup dormi au camp de l'Ein, car les soldats sont arrivés à 3h du matin, lançant sans relâche dans les rues, diverses bombes en tous genres. Durant toute la matinée, et ce jusqu'à 13h, aucun des habitants du camp de l'Ein n'a pu sortir dans la rue. De nombreuses familles ont vues débarquer les soldats chez eux. Ils se sont fait enfermer dans une petite pièce de la maison, attendant que les soldats daignent quitter les lieux. Une femme témoigne : "ils sont arrivés à quatre heure du matin, chez moi. Ils nous ont tous mis dans une petite pièce. Nous sommes dix dans la famille ! Et ils se sont servis dans le frigo. Ils ont mangés, fumés et utilisés nos affaires. Ils ont aussi essayés de casser le mur (voir photo), sans succès car ce mur ne donne chez personne, derrière, c'est la montagne." Insiste la mère de famille.
L'ironie du sort, c'est que deux des prisonniers relâchés par Israël sont originaire de ce même camp. L'un d'entre eux s'appel Haïssam Anis, il a 23 ans et est membre des brigades des martyrs d'al aqsa. Après avoir passé 3 ans en taule pour "act de terrorisme", il a été libéré. Accusé tout de même, d'avoir émis la possibilité d'organiser un attentat suicide, ce qui lui a vallut une condamnation de 4 ans et demi, Haïssam Anis retrouve le goût de la "liberté". Enfin en apparence. Sa chère maman, qui avait tout préparé pour faire un voyage sur Ramallah et ainsi participer aux festivités organisées par l'autorité palestinienne à la Moqata, n'a même pas pu mettre le nez dehors.
Les habitants du camp ne se sont pas laissés impressionner par l'action militaire israélienne et ont tout de même accueillis leurs revenants dignement : les brigades des martyrs d'al aqsa attendaient les héros du jour, toutes armes dehors (qui a dit qu'ils les avaient rendus à la police palestinienne !), tiraient en l'air, la musique et les fagnons en l'honneur du Fatah ornaient les rues. Comme si rien ne s'était passé la matinée. Mais les gens ne sont pas dupes. Les femmes du camp, dont beaucoup étaient réunies dans la maison familliale du jeune homme, histoire de féliciter la maman, se sont largement exprimées sur le sujet. "Israël ment et on sait tous qu'elle ne veut pas la paix." s'exclame l'une d'entre elle, "oui regarde, d'une main ils donent et de l'autre ils frappent" ajoute une seconde. "Je suis très en colère de l'incursion de ce matin car je nai pas pu aller cherce mon fils à Ramallah" s'exclame la mère du prisonnier, particulièrement triste. "oui, son fils est allé visiter les tombes de son père et de sa soeur, morts tous deux durant son incarcération" m'explique en douce une jeune habitante du camp. Je comprends mieux à ce moment là, pourquoi la mère ne veut pas faire une fête démesurée dans sa maison, elle est encore en deuil : sa fille est morte d'un cancer un mois auparavant.Je rencontre le jeune homme qui sort de taule. Son visage est marqué par l'incarcération, il a ce teind blafard et ce regard vide qu'on souvent les jeunes qui rentrent des geôles israéliennes. Il parle d'"espoir de paix" et déclare sans convictions, qu'"Israël veut la paix". Il m'apprends qu'il a signé un papier avant de sortir, indiquant aux autorités israéliennes qu'il refusait "officiellement les voies de la resistance armée".
Je lui parle de l'invasion israélienne du matin dans son camp; il ne sait pas trop quoi dire. Il n'a pas l'air de réaliser que depuis son départ, rien n'a changé. Il va retrouver les mêmes incursions, les mêmes soldats, la même misère. Il sort d'une prison pour entrer dans une autre, mais peu importe, le voila de retour auprès des siens et c'est ça qu'il fête aujourd'hui... demain, on verra bien.
Nadia S.


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