La Palestine en deuil, Abbas en danger
L'Autorité Palestinienne a décrété un deuil de trois jours suite à la mort, samedi soir à Amman, du fondateur du Front Populaire de La Palestine : George Habache. Dimanche soir, le rituel taditionnel des condoléances s'est déroulé à la Moqataa de Ramallah, où chacun pouvait entrer et serrer la main de tous les leaders des partis membres de l'OLP, dont le président Mahmoud Abbas. Cette sélection exclue, évidemment, le Hamas et le Djihad Islamique. Pourtant, ce dernier, depuis Gaza, a exprimé sa tristesse devant la mort d'un leader incontesté et emblématique de la cause palestinienne.
Les palestiniens, venus nombreux, ont donc eu l'occasion de rencontrer pour quelques secondes et sous surveillance rapprochée, leur président et son équipe. l'ambiance était évidemment au recueillement devant la mort de Habache, né dans la Palestine sous mandat britannique, et devenu réfugié après la création, en 48, de l'état d'Israël. Cependant, chacun sait ici, que le FPLP et le Fatah sont en désaccord sur beaucoup de points et notamment sur la poursuite de la lutte armée contre Israël. Mahmoud Abbas a été vivement critiqué par le comité central du FPLP pour ses déclarations sur les "roquettes futiles" envoyées de Gaza sur le territoire israélien. Le dernier communiqué du parti populaire parle même de continuer activement la resistance, notamment par le biais de leur milice armée : les brigades Abu Ali Mustafa, du nom du prédécesseur de Habache à la tête du FPLP, assassiné en 2001 par l'armée israélienne.
Les palestiniens, venus nombreux, ont donc eu l'occasion de rencontrer pour quelques secondes et sous surveillance rapprochée, leur président et son équipe. l'ambiance était évidemment au recueillement devant la mort de Habache, né dans la Palestine sous mandat britannique, et devenu réfugié après la création, en 48, de l'état d'Israël. Cependant, chacun sait ici, que le FPLP et le Fatah sont en désaccord sur beaucoup de points et notamment sur la poursuite de la lutte armée contre Israël. Mahmoud Abbas a été vivement critiqué par le comité central du FPLP pour ses déclarations sur les "roquettes futiles" envoyées de Gaza sur le territoire israélien. Le dernier communiqué du parti populaire parle même de continuer activement la resistance, notamment par le biais de leur milice armée : les brigades Abu Ali Mustafa, du nom du prédécesseur de Habache à la tête du FPLP, assassiné en 2001 par l'armée israélienne.
Pour l'occasion, Abderahim Malouh, actuel leader du parti populaire, se retrouve aux côtés du président Abbas sous la photo du défunt, à la Moqataa. Le FPLP à tendance marxiste-léniniste, est considéré comme un mouvement terroriste depuis le détournement d'un avion de la compagne El Al le 23 juillet 68. Il est détesté par nombre de pays arabes, dont en première ligne la Jordanie. En effet, Habache a été obligé de fuire la Jordanie pour la Syrie en 1957, étant vivement recherché pour son activisme politique et son opposition au système monarchique jordanien. Le FPLP a de plus, grandement payé le prix de son activisme, notamment lors du "septembre noir", en 1970, où la répression jordanienne sur les palestiniens a atteind son paroxisme. Or, coup du sort, c'est précisément dans ce pays que le leader incontesté de la révolte palestinienne a rendue l'âme. Le président Abbas doit, ce lundi, participer aux funérailles à Amman. Bizarement, je ne pense pas que le roi Abdallah de Jordanie, accompagné de son équipe gouvernementale, se rendra aux funérailles. Le président palestinien doit, de plus, aller en Egypte cette semaine histoire de tenter de régler le casse tête de Rafah, que le Hamas a judicieusement ouvert au moment oportun, tirant largement la couverture de sympathie populaire à son avantage, en faisant un pied de nez remarquable au gouvernement israélien et à l'Autorité Palestinienne du même coup, tout ceci, avec l'aide, un peu forcée certes, de l'Egypte. Quoi qu'il en soit, Abbas demandait depuis un bon moment l'obtention du contrôle de Rafah... mais Israël refusait et imposait une pression constante.
Les palestiniens en rêvaient, le Hamas l'a fait ! Il est incontetablement impressionnant à quel point le Hamas répond précisément et de manière judicieuse aux exigences d'une population affamée par un blocus stricte. Le Hamas se rachète une conduite depuis la prise de pouvoir violente de la bande de Gaza en juin 07 : il propose à Abbas de négocier la gestion de Rafah. Main tendue vers le Fatah, sur laquelle ce dernier crache officiellement. Cependant, selon le bureau du pésident Abbas, celui ci doit se rendre en Syrie après son passage au Caire. La question est évidente : que va t il faire dans un pays profondément protecteur du Hamas et qui héberge leur chef politique : Khaled Meshaal ?! va-t-il rencontrer ce dernier pour ouvrir un dialogue officieux tout en dénigrant officiellement tout contact avec les rois de Gaza ? Abbas est en danger politiquement : sa côte de popularité est en baisse constante et rares sont les palestiniens qui lui font confiance. Il a perdu Gaza, se rapprohe dangeureusement d'Israël et des US, dénigre le combat armé contre l'occupant et refuse, en accord avec Israël, tout dialogue pour régler les scissions inter-palestiniennes.
Nadia S.

