Camp d’été dans une ancienne prison israélienne
Activités sportives, artistiques, danses, musiques, et détentes sont
Le bâtiment est resté le même, en dehors des salles aménagées pour accueillir les enfants, il reste toute une partie en l’état dans lequel les israéliens l’ont laissé. On peut donc visiter les cellules particulièrement étroites où s’entassaient des dizaines
de palestiniens. Les murs sont jonchés de noms, de dates, de témoignages gravés sous la peinture blanche. Le responsable du centre m’explique que les israéliens ont passé une couche de peinture avant de partir ; en dessous, le mur est noir.
Incident
C’est donc dans ce contexte particulier que s’est déroulé le 10ème camp d’été rassemblant les enfants handicapés de Cisjordanie. Un petit incident est venu troublé la fin de cette semaine idyllique, lors de la dernière journée. Un spectacle était organisé avec des chants et des danses. Il y avait même des sourds muets qui dansaient l’Addabke, la danse traditionnelle palestinienne.
L’un des jeunes du camp de Fara’a, dont les handicapés participaient aussi au camp d’été, est venu à la journée de spectacle et a molesté un jeune trisomique. L’un des animateurs a mis le jeune dehors et ce dernier est revenu avec toute sa famille : une cinquantaine de personnes. Courses poursuites dans la prison : certains des enfants en chaise roulante ont été renversés et des animateurs battus a coups de barre de fer ou blessés légèrement au couteau. La police palestinienne est intervenue mais d’une manière très superficielle.
Aujourd’hui, les membres de la famille en question sont recherchés par tous les habitants des camps de Jénine et de Naplouse. Le camps de Fara’a étant dépendant des deux villes, ils ne tarderons pas à les trouver. Le problème c’est que les jeunes des camps sont armés et veulent sérieusement en découdre avec les membres de cette famille. Une sorte de règlement de compte à la manière des gangs. C’est ainsi que devient la Palestine sous occupation : un terrain où subsistent différentes favelas et où fini par régner la loi du plus fort et surtout du plus armé, la police étant submergée, sous équipée et donc pratiquement inefficace. Un jeune animateur me disait : « c’est comme ça ici, s’ils savent que tu es armé ou que tu connais des gens armés, ils te respectent, sinon ils se permettent ce qu’ils veulent. » Je suis étonnée de voir ces jeunes si impliqués dans le travail avec les enfants handicapés devenir des sortes de soldats à la recherche du règlement de compte qui forcera le respect des autres. Cet incident a quelque peu renforcé mon inquiétude sur l’avenir de ce pays.
Nadia S.
